Paiement en ligne au Maroc • 30 millions de DH réglés au premier semestre 2009

• Le CMI table sur 70 millions de DH pour l’ensemble de l’année
• 2010, phase de croissance du procédé

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Paiement en ligne au Maroc

Comment se porte le paiement en ligne au Maroc? Plutôt bien, à en croire le Centre monétique interbancaire (CMI). En effet, «du 1er janvier au 30 juin 2009, un montant de l’ordre de 30 millions de DH a été réglé via carte bancaire sur internet au Maroc», indique Meriem Akesbi, responsable de la division Promotion e-commerce et marketing au CMI. Lequel prévoit environ 40.000 opérations de paiement en ligne pour un montant d’environ 70 millions de DH pour l’année 2009. Un optimisme suscité par la quarantaine de commerçants déjà affiliés au système, ainsi que par les contrats signés avec des fournisseurs de services facturiers tels que Lydec ou Maroc Telecom. A ceux-ci viennent s’ajouter des administrations comme la Trésorerie générale du Royaume qui a introduit un service de paiement par Internet des taxes locales depuis avril dernier (cf. www.leconomiste.com).
Même si l’aventure du paiement en ligne a débuté depuis novembre 2007 au Maroc, le procédé reste encore à promouvoir. Déjà, en 2008, des entreprises étaient quelque peu frileuses par rapport à ce mode de paiement. «Le Marocain aime se rendre sur le lieu de vente et manipuler ce qu’il achète. Le convertir au paiement en ligne revient donc à parier sur le changement de toute une habitude de consommation», explique un responsable à Cetelem. Plus d’un an plus tard, près d’une quarantaine d’entreprises ont relevé le défi du e-payment. Toutes sont référencées sur le site de Maroc Télécommerce, seul fournisseur de l’infrastructure nécessaire au paiement en ligne au Maroc.
D’autres enseignes attendent de voir les habitudes de consommation évoluer, ou prennent le temps de mettre en place leur site. «Nous avons déjà noté une nette amélioration du nombre de transactions pour le 1er semestre 2009. Cependant, ce canal de paiement est encore en phase de décollage. Il entrera en période de forte croissance dès l’année 2010», est-il expliqué auprès du CMI. Un optimisme qui se justifie par l’utilité du paiement en ligne, complément utile correspondant à des situations ou besoins bien déterminés. Tels est le cas pour des compagnies low-cost ne développant pas de réseau de vente de proximité. Des sociétés comme Jet4you ou Air Arabia ont d’ailleurs opté pour ce mode de paiement. Celui-ci n’est pas réservé uniquement pour faire des achats de biens matériels ou le paiement de factures, mais également pour le règlement de cotisations ainsi que pour effectuer des dons. Pour ce dernier service, seule l’Association de lutte contre le sida (ALCS) peut recueillir des fonds grâce à ce procédé.

Frais, commissions et méfiance: Les boulets

Cependant, l’engouement pour le e-paiement peut se heurter à un obstacle de taille, celui des commissions appliquées aux affiliés. Ainsi, le CMI applique une commission variant entre 2 et 3% de la valeur de l’achat (cf. www.leconomiste.com). Le taux du prélèvement reste tributaire de la taille et de la nature de la transaction.
Maroc Télécommerce, qui gère la relation avec les sites de vente en ligne, répartit sa commission en trois parties: 5.000 DH pour l’installation du système, un abonnement mensuel de 250 DH et une commission qui varie entre 1,75 et 2,5% applicable à chaque achat. Ce qui fait que certains sites marchands, bien que proposant leurs services via Internet, ne peuvent opter pour le paiement en ligne, et ce en raison des marges qui restent faibles. Par ailleurs, bien que friand de nouvelles technologies, le consommateur marocain reste assez méfiant. Le fait de communiquer des informations personnelles sur la toile peut rebuter les acheteurs en ligne. Mais pour l’heure, «aucune fraude n’a été décelée au Maroc», est-il assuré auprès du CMI.
Concrètement, comment se déroule le processus? l’internaute se connecte sur un site marchand où sont référencées les offres de produits et/ou services. Son choix effectué, le front-office du site envoie une demande de paiement à la plate-forme technique de Maroc Télécommerce. Pour rappel, ce dernier offre l’infrastructure nécessaire aux commerçants désirant opter pour le paiement en ligne. Cela va de l’affichage de l’écran du paiement sur le site du commerçant jusqu’à la réception de la réponse définitive indiquant la compensation par le CMI. Ceci passe à travers tout un mécanisme, de la vérification des coordonnées bancaires du client, d’authentification et du contrôle des réponses du CMI.
Arrive l’étape de la saisie des informations de paiement. Celles-ci consistent, entre autres, en un numéro de carte bancaire et un cryptogramme (les trois derniers chiffres du numéro transcrit au verso de la carte). A mesure que les données sont saisies par le client, la plate-forme MTC les contrôle pour les authentifier. Si le test est passé avec succès, une demande d’autorisation est envoyée au système informatique du CMI. Ce dernier traite la demande et renvoie la réponse au MTC qui transmet à son tour le résultat de l’opération du paiement (succès ou échec) au client, avant de dérouler la suite des opérations.
Il appartient alors au site commercial de confirmer l’exécution de la transaction commerciale pour déclencher le processus de livraison. De son côté, le MTC concentre les confirmations des commerçants et les renvoie vers la plate-forme du CMI qui s’occupe de la compensation avec les systèmes d’informations des banques. En outre, MTC offre aux sites commerciaux la possibilité d’effectuer un suivi des transactions de chaque client, d’annuler ou de confirmer les ventes ainsi que de réconcilier et créditer partiellement les transactions. Pour sa part, le CMI gère le paiement électronique des commerçants dans un compte domicilié dans la banque de leur choix et leur envoie un relevé périodique des transactions. La plate-forme exécute le règlement des transactions au lendemain de sa confirmation.

Comment reconnaître un site sécurisé?

Pour reconnaître les sites fiables ou sécurisés par le CMI et MTC, la page du paiement en ligne sur le site doit rappeler qu’il s’agit d’une page sécurisée (indiquant le protocole SSL illustré par une petite icône sous forme de cadenas), elle doit aussi mentionner les logos du CMI, de MTC, ainsi que les mentions «Verified By Visa» et «Mastercard SecureCode». L’internaute peut aussi consulter la liste des sites sécurisés sur le site de Maroc Télécommerce.
L’Economiste

11 juillet 2009

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